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Qu'est-ce que la terminologie?

Essentiellement, c’est une discipline consacrée à la compréhension et à la gestion des « terminologies » en tant que ressources langagières. Au fil des ans, elle a permis d’établir des théories et des méthodes qui lui sont propres et la distinguent de la lexicologie (la discipline qui lui est le plus apparentée). Ainsi, la terminologie traite des concepts et de leurs dénominations alors que la lexicologie s’intéresse aux mots et à leurs significations. Les ressources que l’on produit en terminologie regroupent donc des concepts, généralement dans des bases de données. En lexicographie, ce sont plutôt des dictionnaires que l’on produit. On se trouve donc devant deux approches radicalement différentes, qui demandent des méthodologies tout aussi différentes.

Nuances terminologiques

Le mot « terminologie » désigne à la fois la profession ou la discipline, et les termes qu’elle produit.

En effet, ce mot peut désigner des réalités diverses : la discipline (liée à la lexicologie et à la linguistique), la profession de terminologue, un ensemble de théories et de méthodologies (la Théorie générale de la terminologie, par exemple), ou encore un ensemble de termes spécialisés (la terminologie juridique ou médicale, par exemple).

Quelle différence y a-t-il entre un terme et une autre catégorie d’unité lexicale comme un mot ou une expression? Bien que la question soulève des débats considérables, on considère généralement qu’un terme est une unité lexicale appartenant à une langue de spécialité (c’est-à-dire la langue utilisée dans un domaine d’activité particulier). Termes et terminologies sont donc des unités lexicales relevant d’un domaine de spécialisation (sciences, technologies, lettres, sciences humaines, commerce, etc.).

La gestion des terminologies revêt une importance croissante pour faciliter les communications, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. C’est pourquoi de plus en plus on reconnaît que les domaines d’activité particuliers des gouvernements et des entreprises constituent des langues de spécialité autant que les domaines purement scientifiques ou techniques. Dans le secteur des logiciels, par exemple, les terminologues doivent s’occuper à la fois de laterminologie de Microsoft (pour le système d’exploitation)  et la terminologique spécifique des logiciels produits par leur entreprise. Research in Motion, la compagnie canadienne qui produit le BlackBerry, s’est aussi dotée d’une terminologie multilingue particulière, adaptée aux contraintes d’espace extrêmes de ses interfaces. Pensons aussi à la terminologie spécialisée de Bombardier, ou encore à celle du secteur bancaire canadien, par exemple.

Dans le domaine juridique canadien, soulignons en outre la coexistence, en anglais comme en français, des deux systèmes parallèles que sont le droit civil et la common law. Au Bureau de la traduction du gouvernement du Canada, les terminologues sont appelés à travailler dans de nombreux domaines de spécialisation dans les deux langues officielles du pays (de la fiscalité aux soins de santé, en passant par les ressources naturelles). Et ce n’est pas tout : ils doivent aussi comprendre les besoins linguistiques des nouveaux immigrants et de leurs concitoyens des Premières Nations et savoir y répondre. Ce sont ces types de grands défis qui ont mené à la création de Termium, l'une des  bases de données terminologiques les plus vastes au monde, ainsi qu'à des technologies dérivées qui facilitent le travail des terminologues.

Le Canada : Un chef de file au chapitre des normes terminologiques

Le Canada est reconnu depuis longtemps comme chef de file dans le domaine des langues : traduction, interprétation, lexicologie et terminologie, politiques en matière de langues officielles (dont l'aménagement linguistique et l'éducation en langue seconde). C’est au Canada que se trouvent certains des acteurs et certaines des ressources qui sont parmi les plus respectés et les mieux établis dans ce vaste domaine (pensons notamment aux programmes universitaires et aux bases de données terminologiques). En outre, l’État appuie des programmes d'immersion en langue seconde pour encourager la diversité linguistique et culturelle au pays, ce qui contribue à l’épanouissement de dizaines de milliers de jeunes Canadiens.

Il n'est donc pas surprenant que les linguistes canadiens aient contribué activement à la création de normes internationales dans les domaines de la terminologie, de la traduction et de l'interprétation. Il y a plus de 35 ans, le Comité consultatif canadien a été mis sur pied pour participer au Comité technique 37 de l'Organisation internationale de normalisation (ISO TC 37). Le TC 37 a pour mandat de normaliser les principes, les méthodes et les applications touchant la terminologie et les autres ressources langagières en contexte de communications multilingues et de diversité culturelle.

Le Comité consultatif canadien agit sous l'égide du Conseil canadien des normes (CCN). Constitué de près de 40 spécialistes, dont plusieurs membres de l'AILIA, il a toujours été l'une des délégations nationales les plus actives au TC 37. Ses membres commentent souvent les projets de normes de façon étoffée, ce qui leur vaut le profond respect des autres délégations nationales.

Les membres du Comité consultatif canadien acquièrent aussi, en matière de normes linguistiques, une connaissance et une expérience importantes qu’ils peuvent ensuite mettre à profit dans leur milieu de travail. S’ils sont professeurs d'université, par exemple, ils ont la possibilité d'intégrer des modules sur les normes à leurs cours. S’ils travaillent en entreprise, ils peuvent appliquer les normes dans leur secteur d'activité pour contribuer à la compétitivité des entreprises canadiennes. Plusieurs membres travaillent aussi au Bureau de la traduction du gouvernement du Canada, où ils peuvent exploiter les normes pour optimiser les services de traduction, d'interprétation et de terminologie de l’État. Plusieurs membres se sont par ailleurs intéressés de près aux normes en matière de traitement des langues naturelles, y compris les symboles d'annotation, les langages de balisage XML et les modèles de données – qui sont du ressort du sous-comité SC4. L'ouverture proactive à ces secteurs technologiques de pointe est importante pour la recherche et l'innovation en technologies langagières au Canada.

Les initiatives terminologiques au service des objectifs et des priorités du Canada

En vertu de la Loi sur les langues officielles du Canada ainsi que des multiples programmes et initiatives connexes qui permettent de satisfaire à ses exigences (depuis les commissions d'enquête parlementaire jusqu’aux commissions scolaires bilingues), le gouvernement du Canada a le mandat de contribuer dans une même mesure à la vitalité des deux langues officielles du pays. 

Le travail du Comité consultatif canadien au TC 37 sur les normes linguistiques favorise la réalisation de ce mandat en matière de langues officielles, conformément à l'Objectif 4.1 de la Stratégie canadienne de normalisation (SCN). Celui-ci stipule que le Conseil canadien des normes (CCN) doit « Repérer les possibilités de mettre en œuvre des solutions axées sur les normes et l’accréditation dans des domaines qui appuient les priorités du gouvernement ». Le mandat du Conseil canadien des normes est de promouvoir une normalisation efficace et efficiente au Canada et de servir les intérêts des industries canadiennes dans le développement de normes internationales. Si nous voulons que les normes internationales dans les domaines de la terminologie, la traduction, l'interprétation et les technologies connexes répondent aux besoins de l’industrie  langagière canadienne, reconnue aux quatre coins de la planète, il est essentiel que le Canada participe à l’élaboration de ces normes.  

En 2008, des membres du Comité consultatif canadien ont contribué à l'élaboration de la Norme nationale pour les services de traduction au Canada, qui a été publiée par l'Office des normes générales du Canada (ONGC) et qui est le fruit d’une initiative de l'AILIA. Cette norme définit le niveau de qualité de service que doivent offrir les fournisseurs canadiens de services de traduction s’ils veulent pouvoir livrer concurrence sur l'échiquier mondial. 

La réputation internationale du Canada et sa sphère d'influence en terminologie

En tant que pays bilingue, le Canada s’est taillé une place de leader international dans l'industrie de la langue et il est considéré comme un chef de file éclairé dans les domaines de la gestion de la terminologie et de la traduction. Plusieurs de nos universités sont reconnues mondialement pour leurs programmes de premier ordre dans ces domaines. L'Université Laval, par exemple, a été la première au monde à offrir un programme d'études de deuxième cycle en terminologie. Des chercheurs-boursiers canadiens comme Marie-Claude L'Homme et Jean Delisle ont établi de nouvelles théories et méthodologies dans les domaines de la traduction et de la terminologie. En outre, les nombreuses publications d’experts canadiens ont contribué à mieux faire connaître le Canada dans l'industrie mondiale de la langue.

Les politiques et les programmes mis en œuvre pour assurer la vitalité de nos deux langues officielles sont également reconnus à l'échelle planétaire et suscitent le plus grand respect. Par exemple, les bases de données terminologiques que sont TERMIUM®, Le Grand Dictionnaire Terminologique (GDT) au Québec et Onterm en Ontario illustrent la position exceptionnellement solide du Canada dans le développement de ce genre d’outil. Créées il y a déjà des années (plus de trois décennies dans le cas de TERMIUM®), ces bases de données positionnent le Canada comme un pays novateur et servent souvent de modèles dans d'autres pays où l’on souhaite mettre en place des initiatives semblables.

En 2010, le rôle prépondérant du Canada en Terminologie a été encore plus clairement reconnu : le TC 37 a en effet nommé un expert canadien au poste de président international pour une période de six ans. L'Asie en général, et la Chine en particulier, font face à des défis de communication importants compte tenu de leur forte croissance économique. Et les solutions à ces défis passent notamment par la terminologie. Il y a plusieurs années, la République populaire de Chine a pris en charge le Secrétariat du TC 37 en remplacement de l'Austrian Standards Institute, qui avait occupé ce poste pendant des décennies. Comme le montre bien ce geste, la Chine reconnaît de plus en plus la terminologie comme enjeu d’intérêt national. Par le truchement de ses réseaux régionaux, elle contribue à la diffusion de l'information sur les normes linguistiques partout en Asie. Ces normes favorisent l'essor du commerce économique en facilitant les communications transfrontalières.

L'organisme de normalisation de la Colombie, ICONTEC, propose un projet de base de données terminologiques destinée à toute l'Amérique latine (par le biais de la Pan American Standards Commission) et fait appel aux spécialistes canadiens pour obtenir les conseils et le soutien nécessaires. De tels partenariats avec des pays en développement comme la Colombie (avec qui le Canada vient d'ailleurs de signer un accord de libre-échange) contribuent à l’atteinte de l'Objectif 1.5 de la Stratégie canadienne de normalisation (SCN), c’est-à-dire « Accroître la participation des pays en développement aux activités de normalisation internationale qui s’inscrivent dans nos priorités nationales en matière de commerce et de développement. »

Le TC 37 entretient également une relation très étroite avec le South African Bureau of Standards (SABS), et sa réunion annuelle 2013 aura lieu en Afrique du Sud. Le SABS a un comité parallèle au TC 37 qui encourage le développement de la terminologie en Afrique du Sud pour aider à préserver les onze langues officielles du pays. En Europe de l'Est, les normes du TC 37 sont déjà utilisées dans le cadre conceptuel de l'EuroTermBank, un système fédératif de bases terminologiques nationales.

Le Canada a publié un rapport exhaustif décrivant les normes internationales, les lignes directrices et les ressources particulièrement pertinentes pour l'industrie de la langue. Le rapport a été produit à la demande du Centre de recherche en technologies langagières (CRTL) pour donner suite aux recommandations de l'AILIA, documentées dans ses Cartes routières technologiques. La dernière version du rapport date de 2007 et elle est accessible sur le site Web suivant : http://www.crtl.ca/publications_LTRC.

ISO TC 37

Le comité ISO TC 37 est divisé en quatre sous-comités, dont chacun a son secrétariat et son président :

  1. Principes et méthodes
  2. Méthodes de travail terminographiques et lexicographiques
  3. Systèmes de gestion de la terminologie, de la connaissance et du contenu
  4. Gestion des ressources linguistiques

Pendant plusieurs années, la responsabilité du secrétariat du sous-comité SC2 a incombé au Canada (et plus spécifiquement à la Direction de la normalisation terminologique, au Bureau de la traduction et à Travaux publics et Services gouvernementaux Canada). Parmi les nombreux projets réalisés par le sous-comité SC2 sous l'administration du Canada, la série ISO 639 sur les Codes de langue est l'un des plus connus. Ces codes de langue sont utilisés dans pratiquement tous les logiciels et tous les systèmes d'exploitation jamais conçus. Sans eux, les ordinateurs ne pourraient pas fonctionner – et encore moins prendre en charge les milliers de langues offertes aux utilisateurs du monde. Or,  la prise en charge d’une langue dans les environnements informatiques est devenue à peu près essentielle à la survie même de cette langue.

Les terminologues d’ONTERM au Service de traduction du gouvernement de l'Ontario, par exemple, ont rédigé l’avant-projet de l'une des normes les plus importantes du TC 37 : ISO 704 – Travail terminologique – Principes et méthodes. C’est la pierre angulaire théorique de presque toutes les autres normes du TC 37 – un véritable incontournable pour tous les terminologues. D’une part, le Canada a joué un rôle de premier plan dans le développement de cette norme. D’autre part, il joue souvent le rôle de médiateur entre les nations qui peuvent avoir des intérêts divergents au sein de l'Organisation. Car toutes les normes ISO sont le produit d’un consensus entre les membres, qui représentent toutes les nations du monde. Et ce consensus passe par la négociation.

Parmi les quatre projets présentement développés par le groupe de travail SC2 WG 6, il y a celui d’établir des normes ISO propres au domaine de l’interprétation. Or, les responsables de ce projet utilisent comme document principal le Guide des normes nationales destiné aux services d'interprétation en milieu social, né d’une initiative de l'AILIA en partenariat avec trois autres organismes canadiens. Le document Translation Services-Guidance (Services de traduction - Directives) du projet de traduction ISO/DTS 11669 et la norme proposée N583 considèrent la norme CGSB 131.10  comme l'une des ressources clés pour le développement du projet. Plusieurs membres de l'AILIA font partie du groupe de travail SC2 WG 6.

Il y a près de 60 normes (y compris les normes en développement) que l’on doit au TC 37 depuis sa création. Ces normes portent non seulement sur la terminologie, mais aussi sur la lexicologie, la traduction, l'interprétation, les politiques linguistiques, le traitement des langues naturelles, les symboles d'annotation, les langues de balisage, la modélisation de données, les applications informatiques, les ontologies, et plus encore.

Pour en savoir plus sur le TC 37, n’hésitez pas à consulter le site suivant :

http://www.iso.org/iso/fr/standards_development/technical_committees/list_of_iso_technical_committees/iso_technical_committee.htm?commid=48104

Possibilités de réseautage

Le Comité mixte sur la terminologie au Canada (CMTC) est un partenariat multisectoriel qui s'est donné pour mission de faire valoir la profession de terminologue au Canada et de tailler une plus grande place à la terminologie dans les programmes d'enseignement universitaires. Le CMTC offre notamment un répertoire en ligne des terminologues au Canada. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le site suivant :

http://www.cmtc-termino.org/cmtc.php?type=home&LangSelected=FR

L'application de réseautage professionnel Linked-In comprend quant à elle un groupe expressément destiné aux terminologues canadiens. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le site suivant :

http://www.linkedin.com/groups?gid=3778130&trk=hb_side_g

 

2015-2016

Terminologie - Rapport d’activités (2015-2016) de AILIA (Canada)